Dans la cuisine encore et toujours baignée de lumière hivernale, et dire qu'on est seulement en janvier, Mère indigne explique à Bébé les rudiments des partys des Fêtes.
Mère indigne -- Mardi soir, on va faire une visite chez la cousine de Maman. Il va y avoir beaucoup d'amis avec qui on va par-ta-ger. Pis ensuite, le mercredi, on s'en va chez Mamie fêter la nouvelle année!
Bébé -- C'est pas la fête à l'année. C'est MA fête.
Mère indigne -- Mais non, mon poussin. C'est le début de la nouvelle année. 2009. On va fêter ça, c'est tout.
Bébé -- C'EST-PAS-LA-FÊTE-À-ÇAAAAAAAAA! C'EST-MAAAA-FÊTE!
Mère indigne -- ...
Bébé -- Arrête!
Mère indigne -- ...
Bébé -- ARRÊTEUH!!!
Mère indigne -- (Cligne, cligne.)
Bébé -- Je-t'ai-dit-arrête! Sinon je vais me FÂCHER!
Mère indigne -- Mais j'ai rien d-
Bébé -- Bon. C'est assez. Je compte jusqu'à cinq pis après tu vas aller DANS TA CHAMBRE!
Mère indigne -- Rprrfff...
Bébé -- UNNNN. DEUUUUX. TROIIIIS. QUAAAAAAATRE.... Neuf, dix, onze.
Mère indigne -- ...rfhihihi! Maman peut pas aller dans sa chambre, tu sais pas compter jusqu'à cinq.
Bébé, constatant qu'elle s'est complètement peinturée dans le coin et n'arrivant pas à figurer quel est le sacré chiffre qui peut bien venir après quatre quand on compte jusqu'à cinq, fait preuve d'une logique imparable pour une fillette de trois ans, celle du "Maman me tape sur les nerfs, faisons appel au reste du clan pour sévir."
Bébé -- Grande Soeur! Grande Soeur!
Fille Aînée, arrivant du sous-sol où elle faisait tout sauf du rangement -- Qu'est-ce qu'il y a, Bébé?
Bébé, d'un ton geignard qui appelle à la justice rétributive -- C'est Maman! Elle veut pas dire ma fête! Elle est pas gentille avec moi!
Fille Aînée, constatant l'hilarité de sa mère, joue immédiatement le jeu. D'un air faussement sérieux, elle s'enquiert: "C'est vrai, ça, Maman?"
Bébé m'observe avec des yeux de serpent et un air de délateur satisfait.
Mère indigne, pointant Bébé du doigt -- C'est elle qui a commencé!
La lèvre inférieure de Bébé se met à trembler, au cas où sa Grande Soeur trouverait l'argument recevable. La lèvre inférieure de Fille Aînée se met à trembler, de rire contenu. "Maman... Il ne faut pas faire de peine à Bébé."
Mère indigne -- C'est elle qui a commencé.
Fille Aînée, intransigeante -- Maman, tu vas aller dans ta chambre.
Mère indigne baisse la tête... Bébé triomphe...
...
Rassurez-vous, je n'ai pas été dans ma chambre.
J'ai juste fait un gâteau avec les filles, mis des bougies dessus, et Fille Aînée et moi, on a chanté "Bonne fête, Bébé!" avec ardeur et entrain. J'ai regardé ma petite tête dure devenir toute rose de bonheur avec quelque chose comme plein de tendresse dans le coeur.
Capituler juste pour faire un gros, gros plaisir à quelqu'un, c'est parfois ça, la vie...
***
Nouvelles en vrac
Si vous avez reçu de beaux livres à Noël et que vous vous qualifiez pour participer à mon grand concours de porte-parole des prix littéraires Archambault "Lisez et Votez et Soyez Pigés et Gagnez des Livres", allez, faites! Il vous reste encore du temps! (Plusieurs mois, en fait. Alors si vous n'avez pas reçu de livres à Noël, rendez-vous à dans une librairie ou une bibliothèque; on va vous attendre!)
***
J'ai passé beaucoup de temps avec Mère indigne pendant le temps des Fêtes. Pondu un paquet de nouveaux textes pour que vous en ayez pour votre argent avec le tome II. Mais c'est comme la tourtière, après, on s'abstient, pendant quelques semaines au moins! Ne vous en faites pas pour le rythme ralenti, c'est ma digestion. ;)
***
Hé, les cocos français! Je vais avoir un éditeur dans votre beau pays! Les éditions Porc-Épic vont publier le tome I très bientôt. Génial, n'est-ce pas? On se croisera peut-être au Salon du Livre de Paris, en mars, si les choses vont vite et bien. Je vous montre la page couverture dès que je l'ai sous la main! :)
***
Oh, et puis bonne année! De la santé, de la prospérité, et pourquoi pas un petit dernier? Hum, p't'être bien que non, finalement... ;-)
Thursday, January 08, 2009
Tuesday, December 23, 2008
Un peu d'émotion, cil-vous-plaît
Ça se passe ce matin.
Dans un coin de la cuisine joliment baigné de lumière hivernale, Bébé se traîne à genoux dans le plus pur style Ave Maria. Elle sanglote, mais avec une certaine retenue. Un genre d'intériorité. Certains pourraient même dire, avec un certain don pour le théâtre. Personne ne sait au juste ce qui a provoqué cet élan subit de grosse pei-peine; elle non plus, d'ailleurs.
Fille Aînée -- Maman, Bébé dit qu'elle ne sait pas pourquoi elle pleure.
Mère indigne -- Oh, tu sais, ta soeur doit bien avoir ses raisons. (Elle veut nous emmerder, oui.)
Fille Aînée -- Tu sais, moi aussi, ça m'arrive, parfois. (Silence.) Ça m'arrive, tu sais, d'avoir les yeux pleins d'eau sans savoir pourquoi...
Ooooh, que je me dis. Ça, c'est ma Fille Aînée tout craché. Une belle sensibilité, les émotions à fleur de peau. Cheminant dans la vie toujours à la frontière entre fragilité et vulnérabilité. Un petit être bien attachant. Qui nous change de l'autre comédienne.
Fille Aînée -- Parfois, ce n'est même pas parce que je suis triste. Ça peut m'arriver quand je chante dans la chorale, ou même quand je suis dans la cour de récré... Tu sais, je sens les larmes monter...
Mon Dieu. L'ultra-moderne solitude. "Elle sent venir une larme des profondeur... Des fois, on sait pas bien c'qui s'passe..." Alain Souchon, sors de ce corps.
Mère indigne -- Oui, je sais. Parfois, on devient ému, et c'est difficile de savoir tout de suite pourquoi on est ému, de déterminer exactement quelle émotion nous ressentons... Est-on triste ou heureux? Nos larmes arrivent avant que nous p--
Fille Aînée -- Euh, non, pas vraiment. En général, c'est parce que j'ai un cil dans l'oeil.
Mère indigne -- ...
Fille Aînée -- Pis quand je l'enlève, y'a aussi une larme qui coule.
Mère indigne -- Tu m'excuseras, chérie, faut que Maman aille écrire un petit mot à Alain Souchon. Ça risque de péter sa baloune, mais il faut que vérité se sache.
***
Sur cette belle anecdote, je vous souhaite de très belles Fêtes, remplies d'émotions et surtout pas de cils dans l'oeil! J'ai passé une superbe année en votre compagnie. Merci d'être là! On se revoit en 2009... avec plein de surprises! :-)
Dans un coin de la cuisine joliment baigné de lumière hivernale, Bébé se traîne à genoux dans le plus pur style Ave Maria. Elle sanglote, mais avec une certaine retenue. Un genre d'intériorité. Certains pourraient même dire, avec un certain don pour le théâtre. Personne ne sait au juste ce qui a provoqué cet élan subit de grosse pei-peine; elle non plus, d'ailleurs.
Fille Aînée -- Maman, Bébé dit qu'elle ne sait pas pourquoi elle pleure.
Mère indigne -- Oh, tu sais, ta soeur doit bien avoir ses raisons. (Elle veut nous emmerder, oui.)
Fille Aînée -- Tu sais, moi aussi, ça m'arrive, parfois. (Silence.) Ça m'arrive, tu sais, d'avoir les yeux pleins d'eau sans savoir pourquoi...
Ooooh, que je me dis. Ça, c'est ma Fille Aînée tout craché. Une belle sensibilité, les émotions à fleur de peau. Cheminant dans la vie toujours à la frontière entre fragilité et vulnérabilité. Un petit être bien attachant. Qui nous change de l'autre comédienne.
Fille Aînée -- Parfois, ce n'est même pas parce que je suis triste. Ça peut m'arriver quand je chante dans la chorale, ou même quand je suis dans la cour de récré... Tu sais, je sens les larmes monter...
Mon Dieu. L'ultra-moderne solitude. "Elle sent venir une larme des profondeur... Des fois, on sait pas bien c'qui s'passe..." Alain Souchon, sors de ce corps.
Mère indigne -- Oui, je sais. Parfois, on devient ému, et c'est difficile de savoir tout de suite pourquoi on est ému, de déterminer exactement quelle émotion nous ressentons... Est-on triste ou heureux? Nos larmes arrivent avant que nous p--
Fille Aînée -- Euh, non, pas vraiment. En général, c'est parce que j'ai un cil dans l'oeil.
Mère indigne -- ...
Fille Aînée -- Pis quand je l'enlève, y'a aussi une larme qui coule.
Mère indigne -- Tu m'excuseras, chérie, faut que Maman aille écrire un petit mot à Alain Souchon. Ça risque de péter sa baloune, mais il faut que vérité se sache.
***
Sur cette belle anecdote, je vous souhaite de très belles Fêtes, remplies d'émotions et surtout pas de cils dans l'oeil! J'ai passé une superbe année en votre compagnie. Merci d'être là! On se revoit en 2009... avec plein de surprises! :-)
Saturday, December 13, 2008
Quotidien ingrat
Bébé -- Mamaaan, pourquoi Mickey Luke il est triste?
Mère indigne -- Parce qu'il est tout seul pour rentrer chez lui.
Bébé -- Mais, mais, mais, pourquoi il est tout seuuul?
Mère indigne -- Euh. Parce qu'il n'a pas beaucoup de frères comme les Dalton.
Bébé -- Moi, moi, moi, il est où mon frère Diegoooo?
Mère indigne --Dans la télé, avec sa vraie maman qui le laisse frôler la mort dans l'allégresse.
Bébé -- Mais, mais, mais, pourquoi les Dalton y z'ont beaucoup de frèèèères?
Mère indigne -- Parce que leur maman était très motivée.
Bébé -- Mais, mais, mais, pourquoi leur maman...? pourquoi...? Pourquoiiiii?
Mère indigne -- Euh... Leur maman, c'est Ma Dalton, tu sais, la vieille dame qui--
Bébé -- JE SAIS, MAMAN, JE SAIS!!! Ça suffit, sinon tu vas aller dans ta chambre. C'est MOI qui PARLE! Arrête.
Mère indigne -- ...
Bébé -- Arrête, j'a dit.
C'était l'heure de l'apéro. J'ai été le prendre dans ma chambre sans même y être obligée.
Non mais.
Mère indigne -- Parce qu'il est tout seul pour rentrer chez lui.
Bébé -- Mais, mais, mais, pourquoi il est tout seuuul?
Mère indigne -- Euh. Parce qu'il n'a pas beaucoup de frères comme les Dalton.
Bébé -- Moi, moi, moi, il est où mon frère Diegoooo?
Mère indigne --Dans la télé, avec sa vraie maman qui le laisse frôler la mort dans l'allégresse.
Bébé -- Mais, mais, mais, pourquoi les Dalton y z'ont beaucoup de frèèèères?
Mère indigne -- Parce que leur maman était très motivée.
Bébé -- Mais, mais, mais, pourquoi leur maman...? pourquoi...? Pourquoiiiii?
Mère indigne -- Euh... Leur maman, c'est Ma Dalton, tu sais, la vieille dame qui--
Bébé -- JE SAIS, MAMAN, JE SAIS!!! Ça suffit, sinon tu vas aller dans ta chambre. C'est MOI qui PARLE! Arrête.
Mère indigne -- ...
Bébé -- Arrête, j'a dit.
C'était l'heure de l'apéro. J'ai été le prendre dans ma chambre sans même y être obligée.
Non mais.
Saturday, December 06, 2008
Ville (Lumières)
Père indigne et moi, nous sommes présentement en voyage mi-affaires mi-plaisir dans une petite ville reculée mais qui possède néanmoins un certain charme rustique. Attendez, je vérifie le nom; ah, voilà. Paris. Vous connaissez peut-être, c'est dans la lointaine banlieue de Laval.
Pour ce faire, nous avons dû nous résoudre à confier nos deux filles aux soins de Soeur indigne et de Beauf' adoré. Vous vous imaginez? Pour quelques jours, Soeur indigne et à Beauf' adoré auront quatre enfants! 4! Père indigne et moi, on s'imagine la situation, et on en a des crampes d'angoisse. Mais non, voyons, qu'est-ce que je dis là, moi. Pas d'angoisse, de rire.
(En passant, j'ai été frappée par le calme qui règne dans les aéroports de nos jours. On se balade, on mange, on prend un pot au bar, sans aucun stress! Ah oui, c'est vrai, je n'avais pas les enfants.)
Enfin bref, j'ai reçu tout à l'heure ce courriel de Soeur indigne que j'ai cru bon de partager avec vous:
***
Nous sommes sortis après souper avec les Fantastic 4 voir les lumières de Noël sur la rue du Côteau.
Question: "Les filles, quelle est votre couleur de lumière préférée?"
Réponses:
Nièce adorée -- Bleu.
Petite nièce atomique -- Vert.
Fille Aînée -- Rouge.
Bébé (avec beaucoup d'enthousiasme) -- BRUN!
Ceci dit, on s'amuse follement. Les filles sont d'humeur festive.
Signé: Soeur indigne prête pour un apéro
***
(Quand Soeur indigne dit que les filles sont d'humeur festive, j'imagine, non, je sais que ça doit y aller très fort sur le bricolages des Fêtes dans sa chaumière. Mais Soeur indigne, elle aime ça, le bricolage. Elle a même, chez elle, autre chose pour en faire que du papier construction et un gros sac de boules d'ouate. J'avais acheté ces boules la fois où Fille Aînée a fait une otite il y a cinq ans. Un sac énorme, tellement je croyais qu'elle allait y rester si je ne lui bourrais pas les oreilles avec. J'en ai finalement utilisé trois ou quatre, au plus, mais côté bricolage, ce fut un bon investissement. Pour faire la barbe et les roustons du Père Noël, c'est d'un chic!)
Bref.
Des lumières brunes.
Je vois déjà Bébé plus tard. "Je pense que je vois la lumière au bout du tunnel. C'est beau, c'est tout brun, ça me rappelle Noël."
Dans le jargon technique, je pense qu'on appelle ça une phrase anale.
Pour ce faire, nous avons dû nous résoudre à confier nos deux filles aux soins de Soeur indigne et de Beauf' adoré. Vous vous imaginez? Pour quelques jours, Soeur indigne et à Beauf' adoré auront quatre enfants! 4! Père indigne et moi, on s'imagine la situation, et on en a des crampes d'angoisse. Mais non, voyons, qu'est-ce que je dis là, moi. Pas d'angoisse, de rire.
(En passant, j'ai été frappée par le calme qui règne dans les aéroports de nos jours. On se balade, on mange, on prend un pot au bar, sans aucun stress! Ah oui, c'est vrai, je n'avais pas les enfants.)
Enfin bref, j'ai reçu tout à l'heure ce courriel de Soeur indigne que j'ai cru bon de partager avec vous:
***
Nous sommes sortis après souper avec les Fantastic 4 voir les lumières de Noël sur la rue du Côteau.
Question: "Les filles, quelle est votre couleur de lumière préférée?"
Réponses:
Nièce adorée -- Bleu.
Petite nièce atomique -- Vert.
Fille Aînée -- Rouge.
Bébé (avec beaucoup d'enthousiasme) -- BRUN!
Ceci dit, on s'amuse follement. Les filles sont d'humeur festive.
Signé: Soeur indigne prête pour un apéro
***
(Quand Soeur indigne dit que les filles sont d'humeur festive, j'imagine, non, je sais que ça doit y aller très fort sur le bricolages des Fêtes dans sa chaumière. Mais Soeur indigne, elle aime ça, le bricolage. Elle a même, chez elle, autre chose pour en faire que du papier construction et un gros sac de boules d'ouate. J'avais acheté ces boules la fois où Fille Aînée a fait une otite il y a cinq ans. Un sac énorme, tellement je croyais qu'elle allait y rester si je ne lui bourrais pas les oreilles avec. J'en ai finalement utilisé trois ou quatre, au plus, mais côté bricolage, ce fut un bon investissement. Pour faire la barbe et les roustons du Père Noël, c'est d'un chic!)
Bref.
Des lumières brunes.
Je vois déjà Bébé plus tard. "Je pense que je vois la lumière au bout du tunnel. C'est beau, c'est tout brun, ça me rappelle Noël."
Dans le jargon technique, je pense qu'on appelle ça une phrase anale.
Tuesday, December 02, 2008
Et vlan dans les dents
Maudit Halloween.
Pour un parent qui a une peur maladive des dentistes (une phobie qui s’explique par un dur retour à la réalité lors du premier rendez-vous de Fille Aînée), c’est le pire des scénarios : en moins d’une heure, on ramasse assez de cochonneries pour se faire demander des bonbons pendant un siècle.
Bébé – Maman, maman! Écoute. Tu vas me donner ma citrouille.
La citrouille, vous l’aurez deviné, est le repaire de toutes les saloperies. Père indigne, l’autre jour, a suggéré que nous remplacions, au cœur de la nuit, les friandises dans la citrouille par des fruits et des barres de céréales. Mais juste avant d’accomplir notre méfait, on s’est repassé des films de Bébé en crise et on a changé d’avis.
Moi, qui aime tout de même vivre dangereusement – Non chérie. Tu sais bien, les bonbons, c’est seulement pendant la fin de semaine. Et là, on n’est pas la fin de semaine. On est maaarrrdi. Tiens, on pourrait nommer ensemble les jours de la sem-
Bébé, sortant sa vieille rhétorique poussiéreuse – J’a besoin? J’a le droit?
Moi – On n’a pas le droit d’avoir des bonbons, chérie. Et aujourd’hui, tu n-
Bébé, calmant sa mère hystérique à coup de petites tapes sur la cuisse – Attends, attends, attends. Une seconde. Une seconde.
Puis, prenant un air pénétré (à moins que ce ne soit ‘pénétrant’? On pourrait en parler longtemps): «Je vais te dire un mot magique.»
Bébé investit le pavillon de mon oreille et elle chuchote, en ouvrant grand les yeux: «S’illll-teeee-plaîîîîîîîîîîît…»
Moi, amusée – Aaaaah. C’est ça le mot magique?
Et je pense que, « non mais… Elle est trop mignonne, cette enfant, c’est pas possible... Je crois que je vais céder. » Père indigne, qui assiste au spectacle, lève les yeux au ciel. Il sait que je vais céder.
Bébé – Ouiiii! C’est magiiiique! Là-tu-me-donnes-ma-citrouille.
Moi, cédant – Tiens, ta citrouille. T’es trop charmante, toi. Mais tu prends juste un bonbon, et c’est le dernier.
Bébé – Oui. Juste un. Pas deux! Est-ce que Bébé prend deux bonbons? Nooooon.
Moi – Trop mignonne.
Quelques minutes plus tard. À peine.
Bébé – Maman, maman! Écoute. Tu vas me donner ma citrouille.
Moi – Ah, mais là, non! Non, ma chérie. Déjà que Maman a fait une exception tout à l’heure. Les bonbons, c’est pour la fin de semaine, tu sais ça. Sinon, tu vas avoir bobo à tes dents, puis à ton petit bed-
Bébé, faisant de grands gestes apaisants en direction de sa folle de mère – Attends, attends, attends. Une seconde. Je vais te dire un mot magique.
Moi – Non, non, non. La magie n’opérera pas cette fois-ci. Tu as déjà eu ton b-
Bébé, les yeux écarquillés, l’air de David Copperfield qui va faire apparaître un diamant du cul d’une vache – Pipiiiii-cacaaaaaaaaaa.
Moi – Pipi-caca?
Bébé, parfaitement ravie – Oui. Pipiiiii-cacaaaaaaaaaa.
Moi, parfaitement déstabilisée – Ton mot magique, c’est pipi-caca.
Bébé, d’un ton assuré et avec un sourire radieux – Oui! Et là, là, là… Tu-me-donnes-ma-citrouille.
Comme, genre, style, tu-suite.
D’une main tremblante, je ramasse ma mâchoire qui est descendue au niveau de mes genoux. Mes paumes deviennent chaudes et humides, comme on dit dans les revues inappropriées. Mon cœur se met à battre une pauvre chamade qui deviendra toute pleine de bleus, à force.
Rien ne sert de me cacher la tête dans la sloche : ce qui me regarde du haut de ses trois pommes, c’est la subversion incarnée. Et si je la laisse faire, jusqu’où tout cela va-t-il nous mener?
Au lieu de dire bonjour, elle va prendre un air angélique pour nous servir un «va crever dans la ruelle, chacal»? À la place de «merci», on aura droit à un allègre «tu pues de la raie»? Bébé, future Madame Je-signale-à-gauche-et-je-tourne-à-droite? Fondatrice de l’Église réformée de la Sainte-Trinité du Pipi-Caca-Poil?
Avec tout ça, chers lecteurs, je suis profondément ébranlée.
Moi qui croyais être indigne! Bouche bée devant Bébé, je comprends ma vraie nature. Je suis une soft subversive. Une fausse irrévérencieuse. Une prétendue cynique. Bref, une guimauve. Et même pas les vertes ou les roses, là; les blanches. À peine trois ans, et Bébé a déjà dépassé gaillardement les limites de tout ce que sa mère a même jamais osé imaginer.
J’ai trouvé mon maître.
Devant ce constat douloureux, brisée par la honte, cassée par la défaite, j’aurais toutes les raisons de m’écraser et de hurler ma douleur de l’ordinaire en me roulant partout sur le plancher flottant de mon split-level lavallois. Rhââââââ-hâââ…
Mais non. Je ne le ferai pas.
Bon, d’une part, c’est vrai, le plancher est un peu sale. Mais surtout, ce qui est merveilleux dans cette histoire, c’est que c’est tout de même moi, la maman, les copains! Et même pleine d’une admiration malsaine devant sa progéniture diabolique, qu’est-ce qu’elle dit, la maman?
Moi – Ouais, hé ben, t’auras rien avec des pipis-cacas, chérie. Maintenant, tu vas retourner regarder Dora et apprendre à dire «merci» en 18 langues.
Non, mais c’est vrai, quoi. La rébellion, je veux bien, mais encore faut-il savoir contre quoi on se révolte. Ça lui fera les dents mieux que ses bonbons pourris.
Suite de quoi, la conscience tranquille, j’ai piqué une grosse poignée de caramels dans sa citrouille et je suis retournée à mon roman policier.
Il me semblait que, dans les circonstances, c’est ce que j’avais de mieux à faire.
Pour un parent qui a une peur maladive des dentistes (une phobie qui s’explique par un dur retour à la réalité lors du premier rendez-vous de Fille Aînée), c’est le pire des scénarios : en moins d’une heure, on ramasse assez de cochonneries pour se faire demander des bonbons pendant un siècle.
Bébé – Maman, maman! Écoute. Tu vas me donner ma citrouille.
La citrouille, vous l’aurez deviné, est le repaire de toutes les saloperies. Père indigne, l’autre jour, a suggéré que nous remplacions, au cœur de la nuit, les friandises dans la citrouille par des fruits et des barres de céréales. Mais juste avant d’accomplir notre méfait, on s’est repassé des films de Bébé en crise et on a changé d’avis.
Moi, qui aime tout de même vivre dangereusement – Non chérie. Tu sais bien, les bonbons, c’est seulement pendant la fin de semaine. Et là, on n’est pas la fin de semaine. On est maaarrrdi. Tiens, on pourrait nommer ensemble les jours de la sem-
Bébé, sortant sa vieille rhétorique poussiéreuse – J’a besoin? J’a le droit?
Moi – On n’a pas le droit d’avoir des bonbons, chérie. Et aujourd’hui, tu n-
Bébé, calmant sa mère hystérique à coup de petites tapes sur la cuisse – Attends, attends, attends. Une seconde. Une seconde.
Puis, prenant un air pénétré (à moins que ce ne soit ‘pénétrant’? On pourrait en parler longtemps): «Je vais te dire un mot magique.»
Bébé investit le pavillon de mon oreille et elle chuchote, en ouvrant grand les yeux: «S’illll-teeee-plaîîîîîîîîîîît…»
Moi, amusée – Aaaaah. C’est ça le mot magique?
Et je pense que, « non mais… Elle est trop mignonne, cette enfant, c’est pas possible... Je crois que je vais céder. » Père indigne, qui assiste au spectacle, lève les yeux au ciel. Il sait que je vais céder.
Bébé – Ouiiii! C’est magiiiique! Là-tu-me-donnes-ma-citrouille.
Moi, cédant – Tiens, ta citrouille. T’es trop charmante, toi. Mais tu prends juste un bonbon, et c’est le dernier.
Bébé – Oui. Juste un. Pas deux! Est-ce que Bébé prend deux bonbons? Nooooon.
Moi – Trop mignonne.
Quelques minutes plus tard. À peine.
Bébé – Maman, maman! Écoute. Tu vas me donner ma citrouille.
Moi – Ah, mais là, non! Non, ma chérie. Déjà que Maman a fait une exception tout à l’heure. Les bonbons, c’est pour la fin de semaine, tu sais ça. Sinon, tu vas avoir bobo à tes dents, puis à ton petit bed-
Bébé, faisant de grands gestes apaisants en direction de sa folle de mère – Attends, attends, attends. Une seconde. Je vais te dire un mot magique.
Moi – Non, non, non. La magie n’opérera pas cette fois-ci. Tu as déjà eu ton b-
Bébé, les yeux écarquillés, l’air de David Copperfield qui va faire apparaître un diamant du cul d’une vache – Pipiiiii-cacaaaaaaaaaa.
Moi – Pipi-caca?
Bébé, parfaitement ravie – Oui. Pipiiiii-cacaaaaaaaaaa.
Moi, parfaitement déstabilisée – Ton mot magique, c’est pipi-caca.
Bébé, d’un ton assuré et avec un sourire radieux – Oui! Et là, là, là… Tu-me-donnes-ma-citrouille.
Comme, genre, style, tu-suite.
D’une main tremblante, je ramasse ma mâchoire qui est descendue au niveau de mes genoux. Mes paumes deviennent chaudes et humides, comme on dit dans les revues inappropriées. Mon cœur se met à battre une pauvre chamade qui deviendra toute pleine de bleus, à force.
Rien ne sert de me cacher la tête dans la sloche : ce qui me regarde du haut de ses trois pommes, c’est la subversion incarnée. Et si je la laisse faire, jusqu’où tout cela va-t-il nous mener?
Au lieu de dire bonjour, elle va prendre un air angélique pour nous servir un «va crever dans la ruelle, chacal»? À la place de «merci», on aura droit à un allègre «tu pues de la raie»? Bébé, future Madame Je-signale-à-gauche-et-je-tourne-à-droite? Fondatrice de l’Église réformée de la Sainte-Trinité du Pipi-Caca-Poil?
Avec tout ça, chers lecteurs, je suis profondément ébranlée.
Moi qui croyais être indigne! Bouche bée devant Bébé, je comprends ma vraie nature. Je suis une soft subversive. Une fausse irrévérencieuse. Une prétendue cynique. Bref, une guimauve. Et même pas les vertes ou les roses, là; les blanches. À peine trois ans, et Bébé a déjà dépassé gaillardement les limites de tout ce que sa mère a même jamais osé imaginer.
J’ai trouvé mon maître.
Devant ce constat douloureux, brisée par la honte, cassée par la défaite, j’aurais toutes les raisons de m’écraser et de hurler ma douleur de l’ordinaire en me roulant partout sur le plancher flottant de mon split-level lavallois. Rhââââââ-hâââ…
Mais non. Je ne le ferai pas.
Bon, d’une part, c’est vrai, le plancher est un peu sale. Mais surtout, ce qui est merveilleux dans cette histoire, c’est que c’est tout de même moi, la maman, les copains! Et même pleine d’une admiration malsaine devant sa progéniture diabolique, qu’est-ce qu’elle dit, la maman?
Moi – Ouais, hé ben, t’auras rien avec des pipis-cacas, chérie. Maintenant, tu vas retourner regarder Dora et apprendre à dire «merci» en 18 langues.
Non, mais c’est vrai, quoi. La rébellion, je veux bien, mais encore faut-il savoir contre quoi on se révolte. Ça lui fera les dents mieux que ses bonbons pourris.
Suite de quoi, la conscience tranquille, j’ai piqué une grosse poignée de caramels dans sa citrouille et je suis retournée à mon roman policier.
Il me semblait que, dans les circonstances, c’est ce que j’avais de mieux à faire.
Monday, December 01, 2008
Bébé outsider
Saturday, November 29, 2008
Belle occasion pour les Fêtes
Pendant que nous sommes dans les concours, je vous file ce lien en vitesse: Concours Etsy Team-Québec. J'adore le site Etsy, et à l'approche des Fêtes (et des cadeaux à offrir...), ce concours me semble particulièrement chouette. Dépêchez-vous cependant, j'ai découvert le concours aujourd'hui, mais il ne reste que jusqu'à ce soir pour participer.
Je vous reviens la semaine prochaine avec de vraies indignités! ;-)
Je vous reviens la semaine prochaine avec de vraies indignités! ;-)
Friday, November 28, 2008
Super Concours International Lisez-Votez-Etc.: Précision
J'ai déjà reçu plusieurs courriels de personnes qui ont été voter chez Archambault et qui veulent participer au concours. Merci! (Il y en a déjà plus de quatre, alors faudra piger... ;-))
Je voulais vous préciser que je ne répondrai pas à vos courriels d'inscription au concours, mais ne soyez pas inquiets, tous vos noms sont pris en note.
Bon week-end!
MÀJ: D'autres photos de la soirée ICI. Merci Charles-Henri!
Je voulais vous préciser que je ne répondrai pas à vos courriels d'inscription au concours, mais ne soyez pas inquiets, tous vos noms sont pris en note.
Bon week-end!
MÀJ: D'autres photos de la soirée ICI. Merci Charles-Henri!
Thursday, November 27, 2008
C'est ben pour dire
Qui l’eût cru? Changer des couches sales 15 fois par jour n’encourage pas seulement l’indignité, cela encourage les autres à nous confier des responsabilités.
Vous vous souvenez, plus tôt cette année (et grâce à vous, d’ailleurs), les Chroniques d’une mère indigne ont remporté le Grand Prix Littéraire Archambault lors d’une cérémonie émouvante où les contours de mes bobettes de maternité ont été immortalisés à jamais sur pixels -- tiens, étrange, je n'arrive plus à retrouver la photo...
Il faut croire que mon discours d’acceptation du Prix (à moins que ce ne soient les bobettes) a séduit les gens chez Archambault, puisqu’il y a quelques mois, ils m’ont demandé si j’accepterais de devenir porte-parole de ses deux Grands Prix Littéraires. J’aime lire, j’aime écrire, et, je l'avoue, j’aime faire des discours, alors j’ai dit « oui, je le veux ». (En plus, je suis une blogueuse que si elle n'avait pas été blogueuse elle n'aurait peut-être pas été auteure. Alors j’avoue qu’en tant que membre de la blogosphère, ça m’a fait un petit velours qu’Archambault m’offre cette opportunité.)
Bref, ils m’ont fait signer un contrat avec plein de petits caractères disant entre autres que je devrais les représenter « dignement » (gnac gnac, c’est ce qu’on verra), puis hier soir, ils m’ont mis devant les micros et les flashes et… j’ai pu faire un discours! Yes! ;-)
Avec toutes ces histoires de Prix, j’ai moi-même pensé organiser un petit concours de mon cru (c’est-à-dire un concours facile, j’haïs ça les concours difficiles). Alors voici: Archambault m’a donné tous les livres en nomination pour les deux concours (listes ici) et j’ai pensé que ce serait bien de les offrir à deux lecteurs de ce blogue ou d'ailleurs -- tout le monde est le bienvenu--, à condition qu'ils aient été voter pour leur ouvrage favori. Lorsque j’ai parlé de cette idée à Catherine Payant chez Archambault, non seulement elle était d’accord, mais elle m’a même proposé un autre « set » des livres en nomination! Alors j’ai non pas deux, mais 4 lots à faire tirer, 2 lots "Grand Prix Littéraire" et 2 lots "Grand Prix de la Relève Littéraire". (Les miens vont probablement avoir des pages un peu pliées dans les coins... Me suis jamais habituée aux signets.)
Alors, la procédure est la suivante:
Bon, bien, voilà! Porte-parole! Et je vous dit merci, parce que ça ne me serait pas arrivé sans vous. :-)
P.S. Je mettrai un lien vers ce billet dans la colonne de droite au cours des prochains jours, pour que vous puissiez le retrouver sans difficulté quand vous aurez voté.
MAJ.: Oups, le concours ne peut techniquement pas être international, puisque le site de vote ne permet pas d'inscrire une adresse à l'étranger. Mais si vous habitez ailleurs, que vous avez travaillé comme un fou/une folle pour vous procurer un livre inscrit, et que vous l'avez lu, envoyez moi un courriel tout de même. On va dire que vous aurez fait assez d'efforts.
***
Peut-être avez-vous remarqué sur la photo, mais je portais hier soir un joli collier rouge funky spécialement acheté pour l'occasion. Je l'ai enlevé en rentrant et laissé sur la table de la cuisine. Or, ce matin...
Fille Aînée, en se levant -- Oh! Maman!! Il est tellement beau ton collier!
Bébé -- C'est-pas-à-Maman-le-collier-c'est-à-MOI.
Bébé a été vite sur ce coup-là, mais allez savoir pourquoi, j'avais tout de même totalement anticipé sa réaction.
Vous vous souvenez, plus tôt cette année (et grâce à vous, d’ailleurs), les Chroniques d’une mère indigne ont remporté le Grand Prix Littéraire Archambault lors d’une cérémonie émouvante où les contours de mes bobettes de maternité ont été immortalisés à jamais sur pixels -- tiens, étrange, je n'arrive plus à retrouver la photo...
Il faut croire que mon discours d’acceptation du Prix (à moins que ce ne soient les bobettes) a séduit les gens chez Archambault, puisqu’il y a quelques mois, ils m’ont demandé si j’accepterais de devenir porte-parole de ses deux Grands Prix Littéraires. J’aime lire, j’aime écrire, et, je l'avoue, j’aime faire des discours, alors j’ai dit « oui, je le veux ». (En plus, je suis une blogueuse que si elle n'avait pas été blogueuse elle n'aurait peut-être pas été auteure. Alors j’avoue qu’en tant que membre de la blogosphère, ça m’a fait un petit velours qu’Archambault m’offre cette opportunité.)
Bref, ils m’ont fait signer un contrat avec plein de petits caractères disant entre autres que je devrais les représenter « dignement » (gnac gnac, c’est ce qu’on verra), puis hier soir, ils m’ont mis devant les micros et les flashes et… j’ai pu faire un discours! Yes! ;-)
Avec toutes ces histoires de Prix, j’ai moi-même pensé organiser un petit concours de mon cru (c’est-à-dire un concours facile, j’haïs ça les concours difficiles). Alors voici: Archambault m’a donné tous les livres en nomination pour les deux concours (listes ici) et j’ai pensé que ce serait bien de les offrir à deux lecteurs de ce blogue ou d'ailleurs -- tout le monde est le bienvenu--, à condition qu'ils aient été voter pour leur ouvrage favori. Lorsque j’ai parlé de cette idée à Catherine Payant chez Archambault, non seulement elle était d’accord, mais elle m’a même proposé un autre « set » des livres en nomination! Alors j’ai non pas deux, mais 4 lots à faire tirer, 2 lots "Grand Prix Littéraire" et 2 lots "Grand Prix de la Relève Littéraire". (Les miens vont probablement avoir des pages un peu pliées dans les coins... Me suis jamais habituée aux signets.)
Alors, la procédure est la suivante:
- Lire au moins un livre en nomination, tout de même, et en plus vous allez aimer ça, j'en suis sûre
- Aller voter sur le site d'Archambault (NOTE: tant qu'à y être, ce concours est international! Je vous laisse vous débrouiller pour commander un livre en nomination à votre libraire ou via un site Web, et même si je dois expédier les livres aux îles Moukmouk, je vais le faire, bon)
- M'envoyer un courriel à mereindigne@hotmail.com pour me dire que vous avez voté (pas pour qui, même si je suis curieuse) -- NOTE: je ne répondrai pas à vos courriels d'inscription au concours, mais ne soyez pas inquiets, tous vos noms seront pris en note
- Et moi je pige 4 noms le 23 avril et on se fera peut-être même une petite boustifaille, tant qu'à y être! Je peux même vous dédicacer TOUS LES LIVRES, tiens, même si je n'en suis pas l'auteure! C'est pas généreux, ça?
- Je sais que vous pouvez tricher, genre aller voter sans lire de livre ou même envoyer un courriel sans avoir voté, mais je fais le pari de votre honneur, aussi indignes soyez-vous!
Bon, bien, voilà! Porte-parole! Et je vous dit merci, parce que ça ne me serait pas arrivé sans vous. :-)
P.S. Je mettrai un lien vers ce billet dans la colonne de droite au cours des prochains jours, pour que vous puissiez le retrouver sans difficulté quand vous aurez voté.
MAJ.: Oups, le concours ne peut techniquement pas être international, puisque le site de vote ne permet pas d'inscrire une adresse à l'étranger. Mais si vous habitez ailleurs, que vous avez travaillé comme un fou/une folle pour vous procurer un livre inscrit, et que vous l'avez lu, envoyez moi un courriel tout de même. On va dire que vous aurez fait assez d'efforts.
***
Peut-être avez-vous remarqué sur la photo, mais je portais hier soir un joli collier rouge funky spécialement acheté pour l'occasion. Je l'ai enlevé en rentrant et laissé sur la table de la cuisine. Or, ce matin...
Fille Aînée, en se levant -- Oh! Maman!! Il est tellement beau ton collier!
Bébé -- C'est-pas-à-Maman-le-collier-c'est-à-MOI.
Bébé a été vite sur ce coup-là, mais allez savoir pourquoi, j'avais tout de même totalement anticipé sa réaction.
Monday, November 24, 2008
Mère indigne se fait teindre en blonde
Moi, j'y allais juste pour voir le tournage. Mais elle m'a assise à la table, mis la caméra dans' face, et forcée à faire de l'impro comme en secondaire 5.
Je ne sais pas ce que ça donne, je suis trop gênée de me regarder moi-même, mais les gars au bureau ont dit que c'était OK.
Voici donc Mère indigne qui passe en coup de vent Chez Jules, déguisée en spécialiste en éthique. J'espère qu'au département de philo, ils me pardonneront...
P.S. Il y a un concours Club Med chez Jules ces temps-ci, avec plein de prix. C'est un tirage. Mais rassurez-vous, vous n'êtes absolument pas obligés de participer, je peux le faire à votre place... ;-)
Je ne sais pas ce que ça donne, je suis trop gênée de me regarder moi-même, mais les gars au bureau ont dit que c'était OK.
Voici donc Mère indigne qui passe en coup de vent Chez Jules, déguisée en spécialiste en éthique. J'espère qu'au département de philo, ils me pardonneront...
P.S. Il y a un concours Club Med chez Jules ces temps-ci, avec plein de prix. C'est un tirage. Mais rassurez-vous, vous n'êtes absolument pas obligés de participer, je peux le faire à votre place... ;-)
Saturday, November 22, 2008
Indigne en 140 caractères ou moins
Il n'y a pas longtemps, je me suis rendue compte qu'elle twittait; et ce matin, j'ai remarqué qu'elle twittait aussi! Croyant avoir moi aussi tout ce qu'il faut pour faire partie de la catégorie des mères twits, je vous ai collé un machin Twitter dans la colonne de droite. Comme ça, entre deux chroniques, on se fera des petits clins d'oeil...
Thursday, November 20, 2008
Suis-moi, je te fuis...
Madame Marie -- En tout cas, avec les autres amis de la garderie, Bébé est populaire. Très populaire.
Mère indigne, intriguée -- Ah oui??
Madame Marie -- Oh, oui! Tous les amis veulent jouer avec elle.
Mère indigne, songeant avec dépit à ses anciennes années involontaires de nerd asociale -- Tous?
Madame Marie -- Tous! Il y en a toujours pour dire "Je ne veux pas jouer avec Thomas", ou bien "Je veux qu'Alexa me laisse tranquille", mais ils veulent tous jouer avec Bébé.
Mère indigne, de plus en plus éblouie -- Elle est si gentille que ça, à la garderie??
Madame Marie -- Euh... en fait, ils veulent tous jouer avec elle parce que... elle s'en fiche.
Mère indigne -- Oh. Elle...
Madame Marie -- ... n'en a rien à cirer. Alors ils ne la lâchent pas. D'ailleurs, elle a toujours l'air un peu ébahi de voir tout le monde rassemblé autour d'elle quand elle relève la tête.
Tudieu. J'espère que Poisson Méchant ne sera pas trop jaloux.
Mère indigne, intriguée -- Ah oui??
Madame Marie -- Oh, oui! Tous les amis veulent jouer avec elle.
Mère indigne, songeant avec dépit à ses anciennes années involontaires de nerd asociale -- Tous?
Madame Marie -- Tous! Il y en a toujours pour dire "Je ne veux pas jouer avec Thomas", ou bien "Je veux qu'Alexa me laisse tranquille", mais ils veulent tous jouer avec Bébé.
Mère indigne, de plus en plus éblouie -- Elle est si gentille que ça, à la garderie??
Madame Marie -- Euh... en fait, ils veulent tous jouer avec elle parce que... elle s'en fiche.
Mère indigne -- Oh. Elle...
Madame Marie -- ... n'en a rien à cirer. Alors ils ne la lâchent pas. D'ailleurs, elle a toujours l'air un peu ébahi de voir tout le monde rassemblé autour d'elle quand elle relève la tête.
Tudieu. J'espère que Poisson Méchant ne sera pas trop jaloux.
Wednesday, November 19, 2008
Salon du livre de Montréal
Chouette!Je serai au Salon du livre de Montréal samedi prochain, ainsi que dimanche (22 et 23 novembre). Je sais, je sais, les Chroniques ont déjà un an et demi et le tome II ne sort qu’en mars, mais Éditeur Indigne a insisté pour que j’y sois, et je dois lui obéir, c’est sti-pu-lé dans le contrat que j'ai signé avec du régurgit de Bébé dans le temps, voyez comme c'est coulé dans le roc.
Et puis, Éditeur indigne m’a dit qu’il y aurait des surprises. Dans le sens de cossins, gugusses, patentes et autres machins que vous pourrez un jour revendre à prix d’or sur eBay (si jamais vous les faites plaquer or). Tu confirmes, Éditeur? (S’il ne répond pas, on va savoir qu’il ne me lit pas et on va bien rigoler.) (Oh! Il a confirmé! Il a mis une photo de cossin sur son Facebook! Je l'ai copiée et mise ici à gauche!)
Cerise sur le gâteau : ce sera aussi une mission en duo puisque Pierre-Léon sera au Salon en même temps que moi. Bref, juste là, à mes côtés... Je ne sais pas s’il accomplira sa mission en commando, mais je vous en donnerai des nouvelles, c’est juré.
Horaire :
Samedi 22 : Entre 16h et 17h (au stand Dimédia)
Dimanche 23 : Entre 13h et 14h (au stand Dimédia)
Au plaisir!
Saturday, November 15, 2008
Ne pelure pas, Jeannette
Fille Aînée -- Maman, est-ce que je peux manger une orange?
Mère indigne -- Excellente idée. Elles sont tellement bonnes en plus ces temps-ci! J'en sors deux.
Fille Aînée -- Je veux la meilleure des deux.
Mère indigne -- Euh. Je n'ai aucune manière de les différencier sans y goûter...
Fille Aînée -- Je veux la plus belle, alors.
Mère indigne, légèrement agacée -- Sont pareilles.
Fille Aînée, légèrement agacée -- Ben là. La plus juteuse?
Mère indigne, très agacée -- "Ben là" toi même, chérie! Comment veux-tu que je sache d'avance quelle orange est la plus juteuse?
Fille Aînée, en soupirant -- Bon. Donne-moi la plus grosse, d'abord. (Puis, d'un ton légèrement condescendant:) Tu dois bien réussir à voir laquelle est la plus grosse?
Mère indigne -- Hum. En effet. Ça, je peux.
Oui, Mère indigne voyait très bien la différence entre les deux oranges. Et sans que Fille Aînée s'en aperçoive, Mère indigne lui a filé la plus petite.
La vengeance est un fruit qui se mange froid...
Mère indigne -- Excellente idée. Elles sont tellement bonnes en plus ces temps-ci! J'en sors deux.
Fille Aînée -- Je veux la meilleure des deux.
Mère indigne -- Euh. Je n'ai aucune manière de les différencier sans y goûter...
Fille Aînée -- Je veux la plus belle, alors.
Mère indigne, légèrement agacée -- Sont pareilles.
Fille Aînée, légèrement agacée -- Ben là. La plus juteuse?
Mère indigne, très agacée -- "Ben là" toi même, chérie! Comment veux-tu que je sache d'avance quelle orange est la plus juteuse?
Fille Aînée, en soupirant -- Bon. Donne-moi la plus grosse, d'abord. (Puis, d'un ton légèrement condescendant:) Tu dois bien réussir à voir laquelle est la plus grosse?
Mère indigne -- Hum. En effet. Ça, je peux.
Oui, Mère indigne voyait très bien la différence entre les deux oranges. Et sans que Fille Aînée s'en aperçoive, Mère indigne lui a filé la plus petite.
La vengeance est un fruit qui se mange froid...
Saturday, November 01, 2008
Rhétorique d'enfer
Ah, l'Halloween! Une bien belle fête, qui amène en nos demeures quantités industrielles de bonbons au goût horriblement chimique, mais aussi la traditionnelle discussion avec Fille Aînée.
Mère indigne -- Tu ne sors pas sans ton manteau. Tu vas attraper un rhume.
(Et maman va devoir rester à la maison pour te soigner au lieu d'aller prendre son pied professionnel au bureau. Pas question.)
Fille Aînée -- Mais il ne fait pas si froid que ça!
(Dehors, traditionnellement, il pleut/neige/grêle/vente à écorner les démons.)
Mère indigne -- Tu ne sors pas sans ton manteau. Le rhume.
Fille Aînée -- Mais si je mets mon manteau, on verra pas mon déguisement!
Mère indigne -- Tu ne sors pas sans ton manteau. Déjà que tu ne te sentais pas bien à l'école aujourd'hui. Mais on peut explorer des solutions.
Alors là, je vous donne ze truc: la solution consiste à mettre le déguisement par-dessus le manteau. Je sais, c'est incroyable comme nous sommes créatifs dans cette famille.
Le problème cette année, c'est que le déguisement de Fille Aînée (une jolie sorcière) est assez ajusté à son corps et, lorsque mis par-dessus son manteau beige pâle, il donne à Fille Aînée l'air de David Banner qui se retrouverait transformé en incroyable Hulk alors qu'il s'apprêtait à s'envoyer en l'air lors d'une soirée de travestis.
Fille Aînée -- Ça fait un peu bizarre.
Mère indigne -- Si tu veux, je te maquille la figure en vert?
Fille Aînée -- Hein?
Mère indigne -- De toute manière, ça ne sert à rien d'insister. Tu ne sors pas sans ton manteau.
Le deuxième problème, cette année, c'est que pour une fois, le temps est incroyablement doux. Des tonnes de jeunes filles court vêtues ont réussi, on ne sait trop comment, à cacher à leurs parents l'étiquette "déguisement sexy pour party de bureau" lors de l'achat de leur costume. Les rues de Laval, P.Q. sont envahies d'infirmières désirant prendre votre température ailleurs que dans la bouche et de femmes de chambre voulant dépoussiérer ailleurs qu'en dessous du lit.
Fille Aînée, qui a des yeux pour voir -- Et c'est moi vais attraper un rhume! Les filles sont toutes en MINI-JUPES!
Mère indigne -- Quand tu seras ado, tu auras le droit d'attraper un rhume.
Et toc! D'ici 4-5 ans, je trouverai bien un argument contre les déguisements sexy.
Mère indigne -- Tu ne sors pas sans ton manteau. Tu vas attraper un rhume.
(Et maman va devoir rester à la maison pour te soigner au lieu d'aller prendre son pied professionnel au bureau. Pas question.)
Fille Aînée -- Mais il ne fait pas si froid que ça!
(Dehors, traditionnellement, il pleut/neige/grêle/vente à écorner les démons.)
Mère indigne -- Tu ne sors pas sans ton manteau. Le rhume.
Fille Aînée -- Mais si je mets mon manteau, on verra pas mon déguisement!
Mère indigne -- Tu ne sors pas sans ton manteau. Déjà que tu ne te sentais pas bien à l'école aujourd'hui. Mais on peut explorer des solutions.
Alors là, je vous donne ze truc: la solution consiste à mettre le déguisement par-dessus le manteau. Je sais, c'est incroyable comme nous sommes créatifs dans cette famille.
Le problème cette année, c'est que le déguisement de Fille Aînée (une jolie sorcière) est assez ajusté à son corps et, lorsque mis par-dessus son manteau beige pâle, il donne à Fille Aînée l'air de David Banner qui se retrouverait transformé en incroyable Hulk alors qu'il s'apprêtait à s'envoyer en l'air lors d'une soirée de travestis.
Fille Aînée -- Ça fait un peu bizarre.
Mère indigne -- Si tu veux, je te maquille la figure en vert?
Fille Aînée -- Hein?
Mère indigne -- De toute manière, ça ne sert à rien d'insister. Tu ne sors pas sans ton manteau.
Le deuxième problème, cette année, c'est que pour une fois, le temps est incroyablement doux. Des tonnes de jeunes filles court vêtues ont réussi, on ne sait trop comment, à cacher à leurs parents l'étiquette "déguisement sexy pour party de bureau" lors de l'achat de leur costume. Les rues de Laval, P.Q. sont envahies d'infirmières désirant prendre votre température ailleurs que dans la bouche et de femmes de chambre voulant dépoussiérer ailleurs qu'en dessous du lit.
Fille Aînée, qui a des yeux pour voir -- Et c'est moi vais attraper un rhume! Les filles sont toutes en MINI-JUPES!
Mère indigne -- Quand tu seras ado, tu auras le droit d'attraper un rhume.
Et toc! D'ici 4-5 ans, je trouverai bien un argument contre les déguisements sexy.
Friday, October 31, 2008
Encore une devinette! Qu'est-ce qu'on s'amuse!
Ce matin, Bébé avait le choix: se déguiser en princesse rose, en tigre ou en diable.
Alors, d'après vous? Qu'est-ce que Bébé a choisi?
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Hé oui! Le déguisement de princesse! Remarquez, ça ne l'empêche pas de faire une drôle de tête, du genre Mom Boucher surpris dans un vêtement inapproprié à son métier et à son rang.


(Cette dernière image pour vous prouver que parfois, elle rit. Et aussi qu'il est possible d'avoir deux pots de Nutella qui traînent sur le comptoir.)
P.S. Pour ceux que ça intéresse: les inédits commencent à s'accumuler pour le tome II... Ah, vous allez avoir de belles surprises au printemps prochain...
Alors, d'après vous? Qu'est-ce que Bébé a choisi?
...
...
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Hé oui! Le déguisement de princesse! Remarquez, ça ne l'empêche pas de faire une drôle de tête, du genre Mom Boucher surpris dans un vêtement inapproprié à son métier et à son rang.
(Cette dernière image pour vous prouver que parfois, elle rit. Et aussi qu'il est possible d'avoir deux pots de Nutella qui traînent sur le comptoir.)
P.S. Pour ceux que ça intéresse: les inédits commencent à s'accumuler pour le tome II... Ah, vous allez avoir de belles surprises au printemps prochain...
Thursday, October 23, 2008
Youppi! On joue aux devinettes!
Saturday, October 18, 2008
Question rapide
Est-ce qu'il y a d'autres parents chez qui la musique de Noël retentit déjà? À cause de vos enfants qui sont tellement intelligents et surtout précoces? Ou bien si je suis la première?
C'est juste pour vous dire que si, chez vous comme chez nous, Vive le vent est déjà à l'ordre du jour, vous avez le droit de prendre l'apéro à 4h au lieu de 5h.
On va survivre, goutte que goutte.
P.S. Remarquez, ça fait depuis le mois de mai que j'entends parler de l'Halloween. J'ai peut-être eu de la chance que la magie de Noël n'ait pas fait son apparition en juillet.
C'est juste pour vous dire que si, chez vous comme chez nous, Vive le vent est déjà à l'ordre du jour, vous avez le droit de prendre l'apéro à 4h au lieu de 5h.
On va survivre, goutte que goutte.
P.S. Remarquez, ça fait depuis le mois de mai que j'entends parler de l'Halloween. J'ai peut-être eu de la chance que la magie de Noël n'ait pas fait son apparition en juillet.
Thursday, October 09, 2008
Comités, blagues belges et conférence
Nouvelles rapides en vrac (inédits pour le tome II obligent):
1. Pour ceux que ça intéresse, le comité de Fille Aînée va très bien. Ils se sont divisés les tâches en trois parties: certains sont responsables du volet visuel, d'autres s'occupent de transformer le rock en jazz, et ceux qui restent creusent la question du Vietnam. (Je cite.)
2. Père indigne aussi va très bien. Il invente des blagues à tous les jours, et ce, malgré l'imminence de la crise économique. Voici un exemple de blague géographique: Certains érudits méditerranéens sont aussi appelés des savants de Marseille. (Je ne l'ai pas comprise tout de suite, mais ma copine qui est propre me l'a expliquée.)
Père indigne fait aussi dans l'humour politique -- toujours des blagues belges, certes, mais qui témoignent de sa grande intégration à notre beau pays--, comme: Que répond Marc Garneau à sa femme lorsqu'elle lui demande ce qu'il a fait de bon pendant la journée? "Rien de spatial."
C'est ça, la force belge.
3. Aussi, j'ai un conseil à vous demander: je vais donner une conférence au sujet de mon livre le 21 octobre à la bibliothèque de Sainte-Julie. C'est la première fois que je vais donner ce genre de présentation, et j'avoue que j'ai de la difficulté à déterminer ce qui intéresserait les gens dans un événement du genre. Je pense que je vais écrire une chronique spécialement pour l'occasion, mais à part ça? Des suggestions? Et si vous habitez dans le coin, venez faire un tour!
1. Pour ceux que ça intéresse, le comité de Fille Aînée va très bien. Ils se sont divisés les tâches en trois parties: certains sont responsables du volet visuel, d'autres s'occupent de transformer le rock en jazz, et ceux qui restent creusent la question du Vietnam. (Je cite.)
2. Père indigne aussi va très bien. Il invente des blagues à tous les jours, et ce, malgré l'imminence de la crise économique. Voici un exemple de blague géographique: Certains érudits méditerranéens sont aussi appelés des savants de Marseille. (Je ne l'ai pas comprise tout de suite, mais ma copine qui est propre me l'a expliquée.)
Père indigne fait aussi dans l'humour politique -- toujours des blagues belges, certes, mais qui témoignent de sa grande intégration à notre beau pays--, comme: Que répond Marc Garneau à sa femme lorsqu'elle lui demande ce qu'il a fait de bon pendant la journée? "Rien de spatial."
C'est ça, la force belge.
3. Aussi, j'ai un conseil à vous demander: je vais donner une conférence au sujet de mon livre le 21 octobre à la bibliothèque de Sainte-Julie. C'est la première fois que je vais donner ce genre de présentation, et j'avoue que j'ai de la difficulté à déterminer ce qui intéresserait les gens dans un événement du genre. Je pense que je vais écrire une chronique spécialement pour l'occasion, mais à part ça? Des suggestions? Et si vous habitez dans le coin, venez faire un tour!
Monday, September 29, 2008
Rapports préliminaires
Copine de longue date -- Dis donc, ça fait combien de temps que tu es mariée, déjà?
Mère indigne -- Dix ans depuis une semaine. Dans la joie et l'allégresse.
Copine -- Bon. J'imagine que tu vas pouvoir répondre à une question délicate.
Mère indigne -- Tu sais que je suis la délicatesse incarnée. Envoye, shoote!
Copine -- OK, je me lance... (Copine prend une grande respiration.) Es-tu pour ou contre ça, toi, les préliminaires?
Mère indigne -- Les rapports préliminaires? Moi, j'haïs ça. Je me dis que tant qu'à écrire un rapport, aussi bien faire le rapport final tout de suite.
Copine -- T'es nulle. Je parle des rapports sexuels préliminaires.
Mère indigne -- Aaaaaah. Ben là, tu rentres pas mal dans mon jardin secret.
Copine -- Comme si ça t'avait déjà dérangé.
Mère indigne -- D'accooooord, on peut en parler, mais c'est bien parce que c'est toi. Les préliminaires... Pouf, pouf. Bon. Ces temps-ci, par exemple, y'a Bébé qui...
Copine -- Change pas de sujet!
Mère indigne -- Non, non! Je veux dire que Bébé, à la garderie, elle a vu un spectacle de Dan Cowboy, et ensuite elle a passé deux semaines à appeler Père indigne "Dan Cowboy". Puis elle a suivi des ateliers de prévention des incendies avec le pompier François. Maintenant, quand elle revient à la maison, elle appelle Père indigne "Pompier François". À force de l'entendre, j'ai décidé d'essayer ça moi aussi. On s'est bien amusés. J'ai écrit à Sacha Distel pour lui dire qu'on avait retrouvé les tuyaux. Dans l'écurie.
Copine -- Sacha Distel est mort. Et les pompiers pis les cowboys, c'est des jeux de rôle, pas des préliminaires.
Mère indigne -- Pffff. Franchement, si le résultat est le même, je ne vois pas pourquoi on s'enfargerait dans les fleurs du drap-contour.
Copine -- En tout cas, moi, après sept ans et deux enfants, les préliminaires, ça me branche moins. Tu sais, au début, quand j'étais dans une humeur séductrice et que Copain me disait "Trouve des arguments pour me convaincre", j'étais en forme. Je pouvais aller mettre des sous-vêtements sexy...
Mère indigne -- ... Faire un strip-tease...
Copine -- ...Sortir la crème fouettée...
Mère indigne -- ...Le fouet...
Copine -- C'est un jeu de rôle, ça, Seigneur. Essaye de te concentrer un peu.
Mère indigne -- Le fouet est un jeu de rôle, le fouet est un jeu de rôle, le f--
Copine -- Ça va, ça va... En tout cas, tout ce que je veux dire, c'est que maintenant, avec toute la routine des enfants avant le dodo, les tâches ménagères, les sandwichs du lendemain à préparer... ben, les préliminaires, ça fait un peu perte de temps.
Mère indigne -- Tu es plus du genre "Prends-moi comme une bête, que j'aille préparer les lunchs ensuite".
Copine -- Ouain. En fait, l'autre soir, je pense que j'ai atteint les bas-fonds de la séduction. S'il y avait une police du sexe, j'aurais eu un ticket et au moins trois points de démérite.
Mère indigne -- Mon Dieu. Qu'est-ce que tu as fait?
Copine -- Ben, j'étais dans une sorte d'humeur séductrice, alors Copain m'a dit "As-tu des arguments pour me convaincre?"...
Mère indigne, haletante -- Et...
Copine -- Et je venais de prendre ma douche. Alors j'ai dit: "Je suis propre."
Mère indigne -- ...
Copine -- ...
Mère indigne -- Ton argument de séduction, c'était que tu venais de te laver?
Copine -- ...C'est pathétique, hein?
Mère indigne -- Ça va être quoi, ton argument, dans quatre-cinq ans? "Je suis LÀ"?
Copine -- Tu ris, mais ça a fonctionné quand même.
Mère indigne -- Tu devrais faire de la politique. "Des parties propres au Québec."
Copine -- Bon. Ça y est. Je pense que je vais nous réserver une fin de semaine dans une auberge, sans enfants. Pour renouer avec les préliminaires et m'éviter tes blagues à l'avenir.
Mère indigne -- Ça, c'est des promesses électorales comme on les aime.
Mère indigne -- Dix ans depuis une semaine. Dans la joie et l'allégresse.
Copine -- Bon. J'imagine que tu vas pouvoir répondre à une question délicate.
Mère indigne -- Tu sais que je suis la délicatesse incarnée. Envoye, shoote!
Copine -- OK, je me lance... (Copine prend une grande respiration.) Es-tu pour ou contre ça, toi, les préliminaires?
Mère indigne -- Les rapports préliminaires? Moi, j'haïs ça. Je me dis que tant qu'à écrire un rapport, aussi bien faire le rapport final tout de suite.
Copine -- T'es nulle. Je parle des rapports sexuels préliminaires.
Mère indigne -- Aaaaaah. Ben là, tu rentres pas mal dans mon jardin secret.
Copine -- Comme si ça t'avait déjà dérangé.
Mère indigne -- D'accooooord, on peut en parler, mais c'est bien parce que c'est toi. Les préliminaires... Pouf, pouf. Bon. Ces temps-ci, par exemple, y'a Bébé qui...
Copine -- Change pas de sujet!
Mère indigne -- Non, non! Je veux dire que Bébé, à la garderie, elle a vu un spectacle de Dan Cowboy, et ensuite elle a passé deux semaines à appeler Père indigne "Dan Cowboy". Puis elle a suivi des ateliers de prévention des incendies avec le pompier François. Maintenant, quand elle revient à la maison, elle appelle Père indigne "Pompier François". À force de l'entendre, j'ai décidé d'essayer ça moi aussi. On s'est bien amusés. J'ai écrit à Sacha Distel pour lui dire qu'on avait retrouvé les tuyaux. Dans l'écurie.
Copine -- Sacha Distel est mort. Et les pompiers pis les cowboys, c'est des jeux de rôle, pas des préliminaires.
Mère indigne -- Pffff. Franchement, si le résultat est le même, je ne vois pas pourquoi on s'enfargerait dans les fleurs du drap-contour.
Copine -- En tout cas, moi, après sept ans et deux enfants, les préliminaires, ça me branche moins. Tu sais, au début, quand j'étais dans une humeur séductrice et que Copain me disait "Trouve des arguments pour me convaincre", j'étais en forme. Je pouvais aller mettre des sous-vêtements sexy...
Mère indigne -- ... Faire un strip-tease...
Copine -- ...Sortir la crème fouettée...
Mère indigne -- ...Le fouet...
Copine -- C'est un jeu de rôle, ça, Seigneur. Essaye de te concentrer un peu.
Mère indigne -- Le fouet est un jeu de rôle, le fouet est un jeu de rôle, le f--
Copine -- Ça va, ça va... En tout cas, tout ce que je veux dire, c'est que maintenant, avec toute la routine des enfants avant le dodo, les tâches ménagères, les sandwichs du lendemain à préparer... ben, les préliminaires, ça fait un peu perte de temps.
Mère indigne -- Tu es plus du genre "Prends-moi comme une bête, que j'aille préparer les lunchs ensuite".
Copine -- Ouain. En fait, l'autre soir, je pense que j'ai atteint les bas-fonds de la séduction. S'il y avait une police du sexe, j'aurais eu un ticket et au moins trois points de démérite.
Mère indigne -- Mon Dieu. Qu'est-ce que tu as fait?
Copine -- Ben, j'étais dans une sorte d'humeur séductrice, alors Copain m'a dit "As-tu des arguments pour me convaincre?"...
Mère indigne, haletante -- Et...
Copine -- Et je venais de prendre ma douche. Alors j'ai dit: "Je suis propre."
Mère indigne -- ...
Copine -- ...
Mère indigne -- Ton argument de séduction, c'était que tu venais de te laver?
Copine -- ...C'est pathétique, hein?
Mère indigne -- Ça va être quoi, ton argument, dans quatre-cinq ans? "Je suis LÀ"?
Copine -- Tu ris, mais ça a fonctionné quand même.
Mère indigne -- Tu devrais faire de la politique. "Des parties propres au Québec."
Copine -- Bon. Ça y est. Je pense que je vais nous réserver une fin de semaine dans une auberge, sans enfants. Pour renouer avec les préliminaires et m'éviter tes blagues à l'avenir.
Mère indigne -- Ça, c'est des promesses électorales comme on les aime.
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